Facture en retard : ce qui vous est dû.
Deux calculs qui vont ensemble : la date d'échéance que la loi autorise sur une facture, et ce que le retard vous doit une fois cette date passée.
1. Échéance légale
Pour le délai par défaut, la loi part de la réception des marchandises ou de l'exécution de la prestation.
Délai applicable à défaut de stipulation : trente jours après la réception des marchandises ou l'exécution de la prestation. C'est aussi le plafond en marché public.
Date limite autorisée
28 août 2026
Au-delà de cette date, la stipulation contractuelle est abusive et expose à une amende administrative. Les pénalités courent dès le lendemain de l'échéance inscrite sur la facture.
2. Pénalités dues
Laissez la date du jour pour connaître ce qui court aujourd'hui.
Sans stipulation, le taux supplétif est de 12,4 % (BCE 2,4 % majoré de dix points). Le plancher légal est de 8,25 %.
Ce que le retard vous doit
Saisissez un montant de facture supérieur à zéro.
Deux questions se posent dans l'ordre quand une facture traîne. La première est de savoir si l'échéance elle-même était légale. Le code de commerce plafonne les délais convenus entre professionnels : trente jours à défaut de stipulation, quarante-cinq jours fin de mois ou soixante jours date de facture si le contrat le prévoit. Une clause à quatre-vingt-dix jours n'est pas seulement déséquilibrée, elle expose son auteur à une amende administrative pouvant atteindre deux millions d'euros pour une société.
Le calcul des quarante-cinq jours fin de mois mérite une mention. Deux méthodes sont admises : ajouter quarante-cinq jours à la date de facture puis se placer à la fin du mois obtenu, ou aller d'abord à la fin du mois de facturation puis ajouter quarante-cinq jours. L'écart entre les deux dépasse souvent deux semaines, et aucune ne l'emporte systématiquement : selon la place du quantième dans le mois, c'est tantôt l'une tantôt l'autre qui tombe le plus tard. Le contrat doit dire laquelle s'applique. Le calculateur ci-dessus affiche la plus tardive des deux, puisqu'il annonce la limite au-delà de laquelle la stipulation devient abusive : en deçà, la clause reste couverte par une méthode admise.
La seconde question porte sur ce qui est dû. Les pénalités courent de plein droit dès le lendemain de l'échéance, sans relance ni mise en demeure. Leur taux est celui inscrit dans vos conditions générales, à condition qu'il atteigne au moins trois fois le taux de l'intérêt légal, soit 8,25 % pour le 2e semestre 2026 avec un taux légal professionnel de 2,75 %. En l'absence de stipulation, le taux supplétif est celui de la Banque centrale européenne majoré de dix points, soit 12,4 %.
À ces pénalités s'ajoute une indemnité forfaitaire de 40 € par facture en retard, hors TVA, due sans justificatif. Son montant paraît symbolique sur une facture isolée, il cesse de l'être sur un client qui règle systématiquement avec trois semaines de retard sur des factures mensuelles. Si vos frais réels de recouvrement dépassent ce montant, un complément peut être réclamé sur justificatifs.
Les marchés publics obéissent à un régime distinct et impératif. Le délai global de paiement est de trente jours pour l'État et les collectivités territoriales, cinquante jours pour les établissements publics de santé. Les intérêts moratoires sont calculés au taux de la BCE majoré de huit points, soit 10,4 % actuellement, et l'indemnité de 40 € s'applique également. Aucune clause du marché ne peut écarter ces règles, et l'acheteur doit verser les intérêts sans que l'entreprise ait à les demander.
Deux taux de référence changent au 1er janvier et au 1er juillet de chaque année : celui de la BCE et celui de l'intérêt légal. Vos conditions générales et vos modèles de facture doivent suivre. Une mention de pénalités devenue inférieure au plancher légal rend la clause inopposable et vous ramène au taux supplétif, ce qui est rarement le résultat recherché.
Faut-il une relance avant de facturer des pénalités ?
Non. Les pénalités de retard sont exigibles de plein droit le jour suivant la date de règlement inscrite sur la facture, sans qu'un rappel soit nécessaire. Le code de commerce est explicite sur ce point. La relance sert la relation commerciale, elle ne conditionne pas le droit.
Puis-je renoncer aux pénalités pour garder un client ?
En pratique beaucoup d'entreprises le font, mais ce n'est pas neutre. Ne pas réclamer les pénalités dues expose à une amende administrative, et l'abandon de créance peut être réintégré fiscalement s'il n'est pas justifié par l'intérêt de l'entreprise. Mieux vaut les facturer puis négocier un geste documenté.
L’indemnité de 40 € se cumule-t-elle avec les pénalités ?
Oui. Elle s'ajoute aux pénalités, une fois par facture en retard, et elle n'est pas soumise à TVA. Si vos frais de recouvrement réels dépassent 40 €, vous pouvez réclamer un complément sur justificatifs. Son montant doit figurer dans vos conditions générales et sur chaque facture.
Quel taux appliquer si mes conditions générales ne disent rien ?
Le taux supplétif s'applique : celui de la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente, majoré de dix points, soit 12,4 % pour le 2e semestre 2026. Un taux contractuel reste possible, mais il ne peut jamais descendre sous trois fois le taux de l'intérêt légal.
Les délais sont-ils les mêmes en marché public ?
Le délai global de paiement est de trente jours pour l'État et les collectivités, cinquante jours pour les établissements publics de santé. Les intérêts moratoires courent au taux de la BCE majoré de huit points, et l'indemnité de 40 € s'applique aussi. Aucune stipulation contractuelle ne peut y déroger.
Les pénalités se calculent-elles sur le HT ou sur le TTC ?
Sur la somme restant due, TVA comprise. C'est le montant réclamé au débiteur qui sert de base, pas l'assiette hors taxe. Les pénalités elles-mêmes ne sont pas soumises à TVA : elles indemnisent un préjudice, elles ne rémunèrent pas une prestation.
Barème appliqué : 2e semestre 2026. Taux de refinancement BCE 2,4 %, taux de l'intérêt légal professionnel 2,75 % (arrêté du 26 juin 2026). Ces deux valeurs sont révisées au 1er janvier et au 1er juillet.
- Code de commerce, art. L441-10 : délais de paiement, taux des pénalités, plancher légal
- Code de commerce, art. D441-5 : indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement
- Arrêté du 26 juin 2026 : taux de l’intérêt légal du 2e semestre 2026
- Code de la commande publique, art. R2192-31 : intérêts moratoires en marché public
- Service-public : délais de paiement entre entreprises
Ce calcul, automatiquement.
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